KING LEAR

Fabrique et destruction
après Shakespeare

Mise en scène et adaptation de Philippe Vincent

Un travail sur le territoire de la communauté de communes du Pays de Lapalisse et ses habitants.

Avec :

    Corinne Cathy

    Claire Cathy
    Damien Faure
    Anne Ferret

    Bob Lipman
    Bertrand Renard
    Emmanuel Robin
    Margot Serraille

    Philippe Vincent (distribution en cours)

Composition musicale : Bob Lipman

Costumes : Cathy Ray

Scénographie : Erik Barray

Régie : Tom Balay

Durée : 1h45

Production :

Scènes - théâtre - cinéma

L'association Barizière des Possibles.

Les Rencontres de Barizière 2022 sont coorganisées avec

la Compagnie Scènes et subventionnée par : 

  • Ministère de la Culture - Drac Auvergne-Rhône-Alpes : été Culturel 2022

  • La Région Auvergne-Rhône-Alpes : Dispositif Fiacre

  • Le département de l'Allier : Aide aux festivals et aide à la résidence d'artistes

  • Ministère de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports : FDVA

  • La commune de Barrais-Bussolles et le soutien de La Communauté de Commune des Pays de Lapalisse
     

Après Timon d’Athènes, créé en 1991, Hamlet-Hamlet-Machine créé au Théâtre de la Croix Rousse en 1995, puis Waiting for Richard (d’après Richard III) et enfin Anatomie Titus, fall of Rome (d’après Titus Andronicius) nous reprenons notre “Shakespeare factory“.

Nous avons tiré des fils de la bobine Shakespeare ; et Lear en est ressorti, nous entraînant chez Jan Kott, Le livre de Job, un conte des frères Grimm, les essais de Montaigne, la série de photos “Case History“ de Boris Mikhailov, ou encore Fin de partie de Samuel Beckett…

 

Lear commence en intérieur, au chaud, à l’abri dans un salon, en tout cas dans un monde paisible, sûr, bien délimité. Le père et ses trois filles ; et simplement parler, dire, donner des preuves d’amour. Tout bascule sur un malentendu, un non-dit. On se retrouve alors dehors, Shakespeare nous dit : Une lande, un orage, dans une nature hostile dangereuse, où l’on rencontre des gens hagards, bizarre, peut-être dangereux. Plus rien de ce que l’on croyait immuable n’existe. Le monde du passé est comme balayé par un tsunami. C’est une chute vertigineuse du statut de “bourgeois“ à celui de sans-abri. « C’est l’homme courbé. Il vit sous la surcharge. Il porte d’abord l’empire, puis l’ingratitude, puis l’isolement, puis le désespoir, puis la faim et la soif, puis la folie, puis toute la nature […] ; il marche plié et hagard, comme s’il avait les deux genoux de la nuit sur son dos ». V. Hugo, William Shakespeare (1864)

C’est l’acteur et musicien américain Bob Lipman qui endossera le rôle du Roi Lear. Il s’exprimera tantôt en anglais, dans la langue original de Shakespeare, son fou le traduira en simultané en français. Soit en français avec son accent étranger. Il vient d’un vieux monde. Il porte en lui l’original shakespearien, le poids du passé. Son escorte est une fanfare militaire. Bob Limpan assurera aussi en tant que musicien, une composition originale pour la Société musicale de Saint-Gérand-le-Puy, Fanfare qui avait participé au première rencontres de Barizière dans Par les Villages de Peter Handke.

Philippe Vincent novembre 2021

 

 

 

kinglear.JPG

Le Roi lear est une pièce qui nous conduit

au-delà de la simple sagesse.

Car si Lear est en quête du réel (King real), il n’en délire pas moins pour autant et l’on ne saurait passer sous silence le fait qu’il sombre dans une aliénation réelle, qu’il devient aussi fou que la mer agitée.

“Délirer“ a une racine européenne (LEIS-) que l’on retrouve dans le mot latin lira qui désigne le sillon. Délire celui qui sort du droit chemin. Dans la Grèce antique, on appelait le Délirant, le Bruissant ou le Frémissant, celui auquel la foule vouait un culte qui s’élevait en clameurs rythmées : Dionysos. Le culte dionysiaque, d’origine sacrificielle, procédait comme les Saturnales romaines à un renversement temporaire des valeurs.

La démesure, le désordre, la transgression, le délire étaient de mise lors de rites orgiaques où des bacchantes bondissaient en thyases provocantes. Une lecture dionysiaque du Roi Lear. Un rapprochement de Shakespeare et Nietzsche.

sdf.JPG
Photo_lear_presse_001.png